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Niamey : la 6ᵉ édition du Forum des parties prenantes sur les espèces négligées et sous-utilisées réunit chercheurs, autorités et partenaires autour du projet ORPH-CROP
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Niamey : la 6ᵉ édition du Forum des parties prenantes sur les espèces négligées et sous-utilisées réunit chercheurs, autorités et partenaires autour du projet ORPH-CROP

L'auditorium de l'École Normale Supérieure (ENS) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey a accueilli ce 30 juillet 2026, la sixième édition du Forum des parties prenantes sur les espèces négligées et sous-utilisées (NUS) et sur l'agroécologie au Niger et au Burkina Faso, organisée dans le cadre du projet ORPH-CROP. Financée par l'Agence italienne de coopération au développement (AICS) et mise en œuvre par le CIRAD, en partenariat avec des institutions académiques et des organisations paysannes des deux pays, cette rencontre a rassemblé chercheurs, enseignants, représentants de l'État, producteurs et partenaires techniques et financiers. Le projet ORPH-CROP vise la valorisation des chaînes de valeur des espèces négligées et sous-utilisées afin d'améliorer les moyens d'existence des communautés rurales et de préserver l'agrobiodiversité au Burkina Faso et au Niger, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la résilience climatique dans la sous-région. Un aboutissement après six ans de collaboration Prenant la parole en tant que coordonnateur national du projet, le Professeur Dambo Lawali a salué un cheminement collectif entamé il y a plusieurs années. Il a rappelé que ce forum s'inscrit dans la continuité directe des travaux menés depuis 2021 : « Cela fait six ans que nous cheminons ensemble dans le cadre de la promotion des NUS, culture dite négligée ou sous-utilisée », a-t-il déclaré, avant de retracer l'histoire du partenariat, depuis la mise en œuvre du projet de recherche SUSLIVE (2021-2025) jusqu'au financement, par la coopération italienne, d'un nouveau projet de développement destiné à valoriser ces résultats scientifiques. Pour le Pr Lawali, la confiance accordée par les partenaires avant même la clôture du projet de recherche constitue un signal fort : le passage d'un financement de recherche à un financement de développement démontre, selon lui, la qualité des résultats obtenus et les efforts fournis par l'ensemble des équipes. Il a insisté sur la dimension sociale de cette valorisation, rappelant que « les femmes et les jeunes qui s'adonnent à la pratique de ces cultures » sont les premiers bénéficiaires potentiels des retombées économiques, agronomiques et nutritionnelles des espèces négligées. Le coordonnateur national a également situé cette dynamique dans le contexte plus large de la souveraineté alimentaire, présentant le forum comme un espace de co-construction entre chercheurs, décideurs et acteurs ruraux : « le forum des parties prenantes est cette arène où chacun peut venir exposer ses idées, où on peut faire un brassage des connaissances permettant un enrichissement mutuel. » L'université au service du monde rural Intervenant à son tour, le Professeur Baragé Moussa, recteur de l'Université Abdou Moumouni de Niamey, a tenu à remercier l'AICS pour la confiance renouvelée envers l'institution universitaire dans la mise en œuvre du projet ORPH-CROP au Niger. Il a situé cette rencontre dans un contexte marqué par « des défis climatiques, les incertitudes de production agricole et la quête de la souveraineté alimentaire », rappelant que le projet fait suite au projet de recherche SUSLIVE, clôturé en 2025. Le recteur a détaillé l'ancrage territorial et social des cultures négligées et sous-utilisées, soulignant qu'elles jouent « un rôle clé pour la sécurité alimentaire, l'adaptation aux effets de changements climatiques et la préservation de la biodiversité » en milieu rural nigérien. Il a par ailleurs relevé leur potentiel en matière d'inclusion économique, ces espèces permettant de « renforcer l'économie des catégories sociales les plus vulnérables, notamment les femmes à accès limité à la terre », tout en réduisant les coûts liés aux intrants agricoles grâce à leur rusticité. Le Pr BARAGE Moussa, Recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, a dressé un bilan chiffré des premières réalisations du projet au Niger : quatre sessions de formation destinées aux acteurs d'appui-conseil agricole sur les itinéraires techniques et les pratiques agroécologiques, deux formations consacrées à la conservation et à la transformation des produits de récolte, une formation dédiée aux groupements de femmes productrices, ainsi qu'une douzaine de champs-écoles installés pour le renforcement des capacités des producteurs. Il a également mentionné l'accompagnement technique apporté aux organisations, associations et coopératives bénéficiaires, notamment pour la gestion des banques communautaires de semences. Un partenariat italien de longue date Intervenant en ligne depuis le siège de l'AICS à Niamey, Alice Mantoani, directrice adjointe de l'agence, a salué la tenue de cette sixième édition, qu'elle a qualifiée d'occasion de faire le point sur la dynamique engagée autour des NUS et de l'agroécologie au Niger et au Burkina Faso. Elle a rappelé que le projet ORPH-CROP « est conçu dans un esprit de complémentarité et de continuité » avec le projet SUSLIVE, clôturé au Niger en novembre 2025, et qu'il vise à « développer les chaînes de valeur des espèces négligées en contribuant à la transition agroécologique des systèmes agricoles et alimentaires et en valorisant les savoirs endogènes ». Mme Mantoani a souligné l'engagement de longue date de l'Italie dans les secteurs agricole et agroalimentaire au Niger, portée par la conviction que « la valorisation des ressources locales et le renforcement des capacités scientifiques peuvent transformer durablement les systèmes alimentaires ». Elle a insisté sur la double valeur nutritionnelle et économique des espèces négligées, particulièrement adaptées au climat sahélien, et sur leur capacité à accompagner les producteurs et productrices vers davantage d'indépendance économique, avec l'appui de la recherche universitaire. Elle a conclu son intervention en remerciant l'Université Abdou Moumouni de Niamey pour l'organisation de l'événement, l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou pour la qualité de son travail de recherche et de coordination, ainsi que la coordination nationale du projet et l'ensemble des participants pour leur engagement. Une dynamique à poursuivre Au terme de cette sixième réunion, les intervenants se sont accordés sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés depuis 2021 pour que les cultures négligées et sous-utilisées trouvent pleinement leur place dans les politiques agricoles nationales. Portée conjointement par les universités de Niamey et de Ouagadougou, la coordination nationale du projet et l'Agence italienne de coopération au développement, cette dynamique de recherche-développement entend continuer à fédérer chercheurs, décideurs et communautés rurales autour d'un même objectif : faire de la valorisation des espèces négligées un levier concret de sécurité alimentaire et de résilience climatique au Niger et au Burkina Faso. Faride Boureima
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