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L'Université Abdou Moumouni et la Diaspora nigérienne d’Amérique du nord scellent un partenariat stratégique
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L'Université Abdou Moumouni et la Diaspora nigérienne d’Amérique du nord scellent un partenariat stratégique

L'Université Abdou Moumouni de Niamey vient de franchir une étape importante dans sa politique de coopération académique. Un cadre de partenariat a été officiellement signé avec des représentants de la diaspora nigérienne établie aux États-Unis et au Canada, ouvrant la voie à un transfert de compétences entre les deux rives. Formation, recherche, entrepreneuriat : les domaines concernés sont vastes, et les premières réactions, recueillies auprès du recteur de l'université, d'un représentant du conseil de la diaspora aux États-Unis et du Haut représentant de la diaspora, dessinent les contours ambitieux de cette collaboration. Un cadre général pour mobiliser les compétences de la diaspora Pour le recteur de l'Université Abdou Moumouni, Pr Barage Moussa cet accord répond avant tout à un constat : la diaspora regorge de talents encore trop peu sollicités. « Nous venons donc de signer un cadre de partenariat sous forme de convention avec nos concitoyens de la diaspora qui sont basés aux États-Unis et au Canada », a-t-il expliqué, précisant qu'il s'agit d'« un cadre général » destiné à permettre à ces compétences « d'intervenir ici au niveau de l'Université Abdou Moumouni ». Concrètement, les membres de la diaspora pourront intervenir directement dans les enseignements. Le recteur détaille plusieurs formules possibles : donner des cours, se voir confier des modules de formation selon leur spécialité, ou encore bénéficier de plages horaires dédiées au partage d'expérience avec les étudiants. L'entrepreneuriat figure en bonne place parmi les priorités. Rappelant que l'université dispense déjà des compétences entrepreneuriales à tous les étudiants sortant de licence et de master, le recteur voit dans les entrepreneurs de la diaspora un atout précieux pour aider les jeunes diplômés à trouver, selon ses mots, « le déclic » : « Qui, dans quel domaine intervenir, où trouver les ressources ». La recherche n'est pas en reste. Le recteur reconnaît que de nombreux champs disciplinaires restent encore peu explorés au niveau local, faute de moyens techniques et matériels. La collaboration avec les enseignants-chercheurs de la diaspora, dotés selon lui de l'expérience et de l'équipement nécessaires, doit permettre de développer une recherche pluridisciplinaire « pour mettre les résultats au profit du développement de notre nation ». Son message aux Nigériens de l'extérieur est sans détour : « Tous ceux qui peuvent apporter quelque chose pour renforcer nos formations, renforcer la compétence de nos étudiants, [ne doivent pas] hésiter à le faire. » Et d'assurer que l'université mettra tout en œuvre pour les accueillir dans les meilleures conditions. La Diaspora engagée : Écoute, pragmatisme et redevabilité Du côté du Haut Conseil des Nigériens aux États-Unis, le Vice-président M. Issa Boubacar le ton est enthousiaste. Un représentant explique que la démarche vise à « amener notre expertise ici pour pouvoir aider nos jeunes frères » et à « travailler avec nos collègues professeurs à l'université ». C'est cette conviction qui a motivé la signature de l'accord. L'engagement envers les étudiants relève, pour beaucoup de ces membres de la diaspora, d'une histoire personnelle. Nombre d'entre eux sont eux-mêmes passés par l'Université Abdou Moumouni avant de poursuivre leur parcours à l'étranger. « Ce sont nos petits frères », confie-le Vice-président du haut conseil des nigériens aux États-Unis, expliquant que l'objectif est de reproduire ici les conditions et l'environnement d'études dont ils ont eux-mêmes bénéficié à l'extérieur. « Ce que nous voulons venir ici, dupliquer, leur donner cette chance », résume-t-il, estimant que les moyens existent désormais pour concrétiser cette ambition. Un partenariat appelé à s'étendre au-delà de Niamey Le Président du Haut Conseil des Nigériens au Canada, M. Issa Kouroundou replace cet accord dans une perspective plus large, qui dépasse le seul cadre de l'Université Abdou Moumouni. « L'objectif de ce partenariat, c'est justement de faire en sorte que nous transférions les compétences et expériences du Canada, des États-Unis, vers notre pays », explique-t-il, avant de préciser que la démarche a vocation à s'étendre : « On va aller aussi étendre à d'autres universités » du pays. Sur le plan pratique, il évoque l'envoi de personnel compétent pour accompagner la formation ainsi que les recherches techniques et scientifiques, pour des durées variables. « Nous mettrons à la disposition des gens qui ont une certaine expérience qui vont les faire profiter », indique-t-il, précisant que ces missions pourront durer de quelques jours à plusieurs mois selon les besoins. Quant aux étudiants, le Haut représentant les appelle à se saisir pleinement de cette opportunité : « Se mobiliser et faire en sorte de profiter de ces occasions-là pour venir participer massivement à ces activités-là et profiter au maximum, poser le maximum de questions. » Cette convention s'inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des compétences de la diaspora nigérienne au service du développement national, portée conjointement par l'Université Abdou Moumouni et les instances représentatives des Nigériens établis à l'étranger. Les trois parties s'accordent sur la nécessité d'une mise en œuvre progressive et concertée, associant université, communautés de la diaspora et Haut représentant de la diaspora, en vue d'une extension à d'autres établissements d'enseignement supérieur du pays. Faride Boureima
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